Description

Mais aussi avec bien d'autres moyens de transport parfois des plus surprenants... Le 1er juillet 2010, je pars de Bretagne à vélo. Arrivé au Maroc, je traverse l'océan Atlantique en voilier-stop. Je passe ensuite un an et demi en Amérique du sud. Puis d'avril 2012 à septembre 2013, je traverse l'océan Pacifique en voilier. Enfin, en mars 2014, je reprends le vélo pour rentrer en France depuis Bangkok, en suivant la route de la soie à travers la Chine et l'Asie Centrale...

mardi 26 juin 2012

Le tour des Marquises


L'arrivée dans la paradisiaque Baie des Vierges de Fatu Hiva est à couper le souffle. On est vite conquis par la paisibilité des lieux et par la chaleur humaine des Polynésiens. Après quelques jours de repos, nous gagnons Hiva Oa, l'île suivante, où sont enterrés Gauguin et Brel. Pierre retrouve quelques amis navigateurs tour-du-mondistes, qui nous invitent à prendre l'apéro sur leur bateau le soir venu. Les rares voyageurs qu'on rencontre aux Marquises sont quasiment tous navigateurs. Autant dire que le coin est encore vraiment très sauvage. Après Hiva Oa, nous partons faire un petit tour par Tahuata. Nous y faisons de très belles plongées en bouteille et au masque-tuba : nage avec des raies mantas, des dauphins électre et petit frisson quand on se retrouve soudain tout seul nez à nez avec son premier requin d'1,5 mètre ! Mitch, un sacré pêcheur sexagenaire, rejoint notre bord quelques jours et nous allons ensemble à Ua Pou, puis à Nuku Hiva. Comme prévu, c'est là que je quitte Visiteur, Véronique étant de retour à bord dans quelques jours.




Mer...



montagnes...



et forets vierges...




la nature est ici d'une extrême générosité,




tout comme les Marquisiens qui nous offrent chaque jour des kilos de fruits,




ce jour là une trentaine de pamplemousses, qui sont certainement les meilleurs qu'on puisse trouver sur terre !



La mer aussi est riche en poissons de toutes sortes !




La culture ancestrale est toujours présente,




en temoigne le site archeologique de Puamau, où d'impressionants tikis vibrent de tout leur mana.





Des bateaux de toutes tailles naviguent autour des iles, approvisionées, une fois par mois, en vivres et en touristes, par l'Aranui 3. Pendant que de jeunes sportifs s'entrainent pour les prochaines courses de pirogues.




Il y a aussi des voiliers de toutes catégories, dont les prix peuvent varier de 10 mille à 10 millions d'euros, comme ce yacht de luxe ironiquement appelé " Che " par son propriétaire, que son skipper nous a permis de visiter.




Beaucoup de familles aussi, en particulier des Français, voyagent en voilier des années durant. Je commence à voir ce que signifie la vie de bateau de cette petite tribu flottante. Au fil des semaines, on se croise les uns les autres en s'appelant le plus souvent par le nom de nos embarcations : Ceramage, Perseide, Rapanui, Eol, Pollen, Jason, Maat et les autres... Chacun voyage selon son style et ses moyens, avec l'amour de la mer en commun.




Mais, à l'heure de l'apéro, tout ce petit monde hetéroclite se retrouve au café du coin pour partager une bière avec les locaux.




dimanche 27 mai 2012

Océan Pacifique, la grande traversée



Le 8 mai, Pierre et moi reprenons la mer en direction des Marquises. C'est sportif car il s'agit de trois semaines sans escales et nous ne sommes plus que deux à bord pour se relayer, jour et nuit, en quarts de trois heures. C'est étonnant de réaliser la distance. C'est l'une des plus longue traversée à la surface du globe. En longitude, aux Galapagos, je ne suis qu'au premier quart de mon tour du monde mais, aux Marquises, je ne serai plus très loin de la moitié. Heureusement, les conditions ne sont pas mauvaises et l'ambiance à bord est très bonne. Pierre m'apprend plein de choses et je progresse bien en voile. Je pêche aussi mes premiers gros poissons. Bien qu'à deux, les quarts soient un peu crevants, cette traversée me remplit de bonheur. Après 19 jours de mer et plus de 5400 kilomètres, soit à peu près la distance de Paris à Téhéran, à ne voir que l'océan infini tout autour, le 26 mai, nous apercevons finalement une terre à l'horizon.




En mer le ciel est particulièrement beau.




Je me remets tranquillement à la voile.




Nous avancons bien avec notre gennaker qui profite des Alizées au portant.




Parfois, ça bouge un peu, parfois la mer est calme comme un lac.




Nous faisons de belles pêches de poissons pélagiques, principalement des dorades coryphènes mais aussi quelques petites bonites.




Le même jour, Pierre ramène une immense dorade et moi un petit marlin rayé,




de 1,10 mètres tout de même !




Bref, nous mangeons du poisson à tous les repas et sous toutes ses formes.




Nous gardons le reste au congélateur pour les jours de disette.




Ne voir que la mer, la mer, la mer, trois semaines durant, est une vraie méditation.




Puis, un jour, la terre se profile a l'horizon et quand cette terre s'appelle Les Marquises, c'est une vraie récompense.