Description

Mais aussi avec bien d'autres moyens de transport parfois des plus surprenants... Le 1er juillet 2010, je pars de Bretagne à vélo. Arrivé au Maroc, je traverse l'océan Atlantique en voilier-stop. Je passe ensuite un an et demi en Amérique du sud. Puis d'avril 2012 à septembre 2013, je traverse l'océan Pacifique en voilier. Enfin, en mars 2014, je reprends le vélo pour rentrer en France depuis Bangkok, en suivant la route de la soie à travers la Chine et l'Asie Centrale...

vendredi 10 juin 2011

Le Salar d'Uyuni





La suite... Après deux jours de 4x4 dans le Sud-Lipez, dont une nuit à 4200 mètres d'altitude, le second soir notre petit groupe arrive au bord du Salar d'Uyuni, à seulement 3650 mètres d'altitude ! Nous nous sentons tous mieux, surtout Simon. Cette nuit, nous dormons dans une auberge entièrement construite en blocs de sel, murs, revêtements, mobilier, décoration compris. C'est assez chouette et il y a deux douches... pour une trentaine de personnes ! L'ambiance est bonne. C'est drôle, ça me rappelle un peu l'époque de mes joyeuses colonies de vacances!
















Le lendemain, nous partons à 6 heures du matin pour voir le soleil se lever sur le salar. Le 4x4 traverse plusieurs kilomètres inondés d'une dizaine de centimètres d'eau. Nous avons l'impression de rouler sur un lac. Cela produit un étonnant phénomène de miroir. Magique !














A l'heure du petit déjeuner, nous arrivons au milieu du salar, près d'une colline rocheuse, appelée l'Ile-Inca-Huasi. ce promontoire est planté d'une forêt de cactus, piloes cereus secianus, dont certains, hauts d'une dizaine de mètres, sont millénaires. C'est robuste mais ça pousse pas vite, un cactus !











Soudain, trois cyclo-randonneurs français débarquent du néant : Brian, Morgan et Siphay. Ils font un tour du monde à vélo d'une durée de trois ans ! Leur site : http://www.solidream.net/ . En discutant avec eux, je suis un peu nostalgique d'avoir renvoyé mon vélo en France et de voyager maintenant comme n'importe quel touriste. Ce qui est drôle, c'est que je n'ai jamais autant rencontré de cyclistes que depuis que je n'ai plus mon vélo ! La veille, dans le Lipez, j'ai vu un couple en tandem et c'était encore des Français ! Apparement, nous sommes la nation qui voyage le plus à bicyclette.














Plus tard, Marcos nous arrête au beau milieu du salar. Du blanc, du blanc, que du blanc, à perte de vue. Nous sommes là pour la mythique séance " photos improbables réalisées sans trucages ". Il s'agit de jouer avec les proportions, l'étendue immaculée faisant perdre tout rapport de distances. Je vous livre un de mes piètres clichés, à titre d'exemple, mais vous devriez trouver beaucoup mieux sur le net. En fait, ce n'est pas si évident à réaliser, car le soleil est incroyablement éblouissant. Ensuite, notre petit tour se termine dans la ville d'Uyuni, après un dernier détour au cimetière des locomotives à vapeur.








Bien que très touristique, le Sud-Lipez et le Salar d'Uyuni valent vraiment le coup, même en passant par une excursion organisée. Comme Iguaçu ou le Perito-Moreno, ces sites font partie des plus beaux d'Amérique du Sud. Ils sont incontournables. Et puis, heureusement, la région est vaste. Alors, pour l'instant, il y a encore de la place pour tout le monde. Enfin, le sel est un très bon soin capilaire. Pour ma part, j'ai retrouvé la chevelure de mes 20 ans!






mercredi 8 juin 2011

Le Sud-Lipez bolivien en 4x4




Depuis San-Pedro-d'Atacama, le chemin le plus court pour rejoindre Uyuni, en Bolivie, est de traverser les Andes en 4x4, par le Sud-Lipez. Il n'y a pas de routes, uniquement des pistes sans aucune indication. Des agences proposent leurs services de voitures avec guide-chauffeurs. Le trajet, en haute montagne, dure trois jours avec deux nuits. Les conditions d'hébergement sont un peu spartiates. Mais le parcours est magnifique. Alors, chaque jour, plusieurs 4x4 font le trajet pour enmener des routards en mal d'aventure.



Notre groupe se partage entre deux 4x4, chacun comprenant six voyageurs et un chauffeur. Je partage mon véhicule avec Andrea un Chilienne, Suzanna une Brésilienne, Nilton un Mexicain, qui voyagent tous les trois ensemble, Hoyi et Simon, un couple de Hong-Kong, en lune de miel. Dans l'autre voiture, il y a deux Allemands, un Anglais, un Américain, un Belgo-américain et une Australienne. Notre chauffeur s'appelle Marcos. Il est Quechua et nous apprend quelques mots de sa langue. Elle est parfois la seule que connaissent les habitants de cette partie des Andes.




Au pied du volcan Licancabur, à plus de 4000 mètres d'altitude, la frontière bolivienne est matérialisée par une minuscule bâtisse en pierre, où séjournent deux malheureux douaniers. Après avoir fait tamponer nos passeports, nous accèdons à l'Altiplano par la région du Sud-Lipez. Nous sommes au beau milieu de la réserve de faune andine Eduardo-Avaroa.




Nous visitons successivement les Lagunas Blancas et Verde, puis un désert nommé "Salvador-Dali" . Et pour cause, le Sud-Lipez est véritablement surréaliste ! On a l'impression d'être sur une autre planète ou bien dans un décor de science-fiction.



Durant deux jours vont se succéder une grande variété de paysages, tous autant chargés d'étrangetés. Formes et couleurs ont perdu leurs références. Les plantes n'ont rien de terrestre.




Le sable est orange. Les lacs sont blancs, verts ou rouges. L'herbe est jaune. Ici, la terre est en ébulition.




Là, les rochers sont sculptés par le vent. La neige cohexiste avec le désert brûlant. La glace couvre l'eau bouillonante.



Avant le déjeuner, nous arrivons au salar de chalviri. Ici, on peut se baigner dans un bassin alimenté par une source d'eau chaude naturelle et entouré de sommets enneigés.



Plus tard, nous nous arrêtons aux geysers Sol de Maña. L'activité volcanique bat sont plein et la terre semble au premier âgge de sa création. Nous sommes alors à 4800 mètres d'altitude, soit plus haut que le Mont Blanc !


Le soir, nous arrivons dans un refuge, près de la Laguna Colorada. Il n'y a pas de chauffage, ni eau courante. Nous sommes à 4200 mètres d'altitude et durant la nuit la température extérieure est de -15 degrés ! Heureusement, il y a de bonnes couvertures !




Depuis que nous avons franchi la frontière, nous ne sommes pas redescendus en dessous des 4000. En fonction de sa physionomie, chacun supporte différement le mal d'altitude. Nous avons tous du mal à respirer mais Simon se sent encore plus mal que nous. Il a des nausées et ne peut rien avaler. Ce soir, il tombe carrément dans les pommes. Ces lèvres deviennent toutes bleues et c'est assez impressionnant. Nous le ranimons avec un fond de bouteille d'oxygène, puis Hoyi le veille toute la nuit.



Le lendemain, nous passons par le Désert Siloli. Nous circulons entre de grands rochers aux formes les plus étonnates, dont le fameux " Arbre de Pierre " (en photo au début du texte ).





La piste alterne maintenant désert et canyons.



Nous voyons ensuite d'autres lagunas où séjournent des glamants roses. Près du salar de Chiguana, nous passons par un village fantôme, à moitié ensablé.



Enfin, au coucher du soleil, nous arrivons finallement en vue du célèbrissime Salar d'Uyuni !


A suivre...

lundi 6 juin 2011

Le Désert d'Atacama





Après une nuit dans le bus, j'arrive à San-Pedro-d'Atacama. C'est un joli village, entièrement construit en adobe. Il est perdu au beau milieu du désert. Au loin, le volcan Licancabur le domine de son cône parfait. Il y a trente ans, venir jusqu'ici était une véritable expédition. Mais aujourd'hui, une belle route asphaltée rend cet oasis accessible, quotidiennement, à des centaines de touristes. Au centre du bourg, ces derniers sont plus nombreux que les habitants et toutes les maisons ont été transformées pour assouvir leurs besoins ! Hotels, restaurants, cafés, épiceries, boutiques et agences d'excursions se succèdent, anéantissant la magie originelle du lieu.













A mon arrivée, je suis un peu déçu. Heureusement, le Désert d'Atacama est vaste et il suffit de faire quelques kilomètres hors des sentiers battus pour se retrouver seul au monde, dans des paysages aussi surprenants que variés, aussi étranges que magnifiques. Je viens de repasser sous les tropiques mais c'est tout à fait symbolique. A 2500 mètres d'altitude, c'est pas vraiment une ambiance maillot de bains ! Ce désert est une succession de contrastes : c'est le plus aride de la planète et il est entouré de montagnes volcaniques de plus de 6000 mètres d'altitude et couvertes de neiges éternelles ! Atacama est victime de son succès car c'est certainement l'un des endroits les plus spectaculaires d'Amérique du Sud.






Mirjam a pris un autre bus que moi mais nous arrivons à San-Pedro quasiment au même moment. Nous passons quatre jours ensemble à visiter les différents sites alentours. Pour aller voir les plus proches, nous louons des vélos. A croire que je suis déjà en manque ! En fait c'est le meilleur moyen pour pouvoir découvrir ce désert en toute quiétude.

















Nous allons d'abord voir les ruines d'un fort atacamène, la Pukara de Quitor. Au pied de la colline fortifiée, coule une petite rivière, irrigant un îlot de verdure, totalement inattendu. Qu'une société humaine ait pu se développer ici pousse à l'admiration. Les journées sont brûlantes, les nuits glaciales et il n'y a pas un seul jour de pluie de toute l'année !












Nous allons ensuite à la Vallée de la Muerte. Après quelques kilomètres dans un canyon de rochers rouge-briques, nous débouchons sur de vastes pentes de sable fin, qu'on peut s'amuser à dévaler en sand-board.



















Plus loin, la Vallée de la Luna offre d'autres panoramas exceptionnels. Le coucher du soleil est un "must" et, chaque soir, tous les mini-bus de touristes se donnent rendez-vous sur un même promontoire rocheux pour célébrer ensemble l'astre qui les a cuit toute la journée.





















Le deuxième jour, je retourne seul faire une ballade à vélo sur les plateaux qui dominent la Vallée de la Muerte pour jouir de la solitude de ce lieu. J'ai rencontré un cyclo-randonneur français, Clément, et je suis presque nostalgique d'avoir renvoyé mon vélo en France.













Les deux jours suivants, Mirjam et moi partons en excursion. Photos valant grands discours, je vous laisse découvrir les paysages que nous traversons. Il y a des Américains avec nous et les : "Oh my God ! " fusent ! D'abord nous allons voir le Salar d'Atacama...

















... et les lagunas de Miscanti-Miñiques...

















... puis la laguna d'Aqua Caliente.

















Le lendemain à 4H00 du matin, notre guide, David, nous enmène aux Geysers del Tatio, à plus de 4000 mètres d'altitude... dehors, fait pas chaud...















... puis, en vallée, dans une forêt de cactus.

















Ce jour là, Mirjam et moi faisons la connaissance d'un couple bretano-chilien très sympa, avec qui on se fait un petit resto le soir. Après quelques années d'absence , Alexandra et Mauricio viennent de se réinstaller à San-Pedro-d'Atacama pour travailler, dans le tourisme bien entendu ! Ils sont pro', alors si vous passez dans le coin, vous savez qui contacter !













A l'auberge où je loge, l'ambiance aussi est très cool. Je rencontre trois Espagnols adorables, Anabel, Eva et Ian. Ces derniers voyagent six mois en Amérique du Sud. Il y a aussi Claudie et Omar, encore un couple bretano-chilien ( décidément ! ), Cécile une archéologue française, et un anthropologue vénézuélien. Alors je me dis que, finalement, ce n'est pas si désagréable que ça les spots touristiques et que San-Pedro restera toujours charmant malgré l'invasion de tous ces routards ! Mais demain, nous allons tous reprendre un chemin différent. Et peut-être nous recroiserons-nous plus tard, plus loin, qui sait ? Aujourd'hui, une tempête de sable s'est levée comme pour rendre plus facile l'idée de repartir encore et de devoir, à nouveau, dire au-revoir à tous ces nouveaux amis de route.





mercredi 1 juin 2011

La vallée de l'Elqui




Depuis Valparaiso, je prends un bus pour La-Serena. Le trajet dure 8 heures, alors que j'aurais mis 8 jours à vélo ! C'est étrange le rapport qu'on entretient avec l'espace et le temps. Je traverse plus rapidement une plus grande distance et je n'ai pas du tout le sentiment d'accélérer mon voyage. Les heures défilent au même rythme. Ce n'est pas désagréable finalement de changer de mode de transport, de se laisser porter dans une bulle vitrée. D'autant que, de mon siège, le paysage me semble aride et monotone. Mais dans les Pampas, j'ai compris que le rapport qu'on entretient avec le milieu dans lequel on évolue dépend de l'investissement qu'on y met.






Dans le bus, je rencontre Mirjam, une Allemande qui parle courament le français. Elle est médiatrice culturelle à l'Institut Goethe de Bruxelles. Elle s'arrête avant moi mais nous pensons nous revoir à Vicuña, ma prochaine étape. Je passe deux jours à La-Serena, où le climat n'est pas meilleur que 400 kilomètres plus au sud. La brume marine couvre la ville d'un voile humide et glacial. Ce n'est pas ici que je vais retirer mon anorak. Je visite la cité et fais une grande marche sur la plage, en scrutant le prochain océan que je devrai traverser : le Pacifique.






Puis je remonte la vallée de l'Elqui jusqu'à Vicuña et j'y trouve mon bonheur. Situé en altitude, le bourg est au-dessus des nuages. Toute l'année, il y a un grand soleil dans un ciel bleu-dur et l'air est sec. Enfin je peux passer la journée en tee-shirt ! Je visite le musée consacré à Gabriela Mistral, grande poétesse chilienne, prix Nobel de littérature. Je dois avouer qu'elle m'était totalement inconnue avant ma venue à Vicuña, sa ville natale, qui la célèbre à chaque coin de rue !






Du fait de l'exceptionnelle pureté du ciel, plusieurs observatoires astronomiques ont été construits dans cette vallée. Le soir, je retrouve Mirjam et nous allons voir l'un d'eux, accessible aux visiteurs. Pour la première fois de ma vie, je regarde dans un télescope professionnel. A la différence des modèles électroniques utilisés actuellement par les scientifiques, il fait partie de la dernière génération des télescopes optiques. Dès le premier coup d'oeil, c'est spectaculaire . Je vois Saturne avec ses anneaux ! Un guide nous apprend à reconnaître les principales constellations occidentales et indiennes. Dans ce ciel de l'hémisphère sud, qui m'était parfaitement étranger, je suis maintenant censé reconnaître : la Croix du Sud, le Chien, le Scorpion mais aussi le Serpent ou le Lama... A part la Croix du Sud, c'est pas gagné ! La seule chose certaine : nous ne sommes que poussière d'étoiles !






La vallée de l'Elqui est aussi connue pour de très nombreuses manifestations d'O.V.N.I. mais ce soir là, aucun Martien n'a pointé le bout de son nez ! Il se peut aussi que ces phénomènes inexpliqués soient liés à l'absoption démesurée de la boisson locale : le Pisco... Pour en avoir le coeur net, le lendemain, Mirjam et moi remontons la vallée jusqu'au village d'Elqui-Pisco, où se fabrique le fameux breuvage.






La visite de la distillerie locale se finit, comme il se doit par une dégustation. Mais sans doute est-elle trop frugale car il n'y a toujours aucune soucoupe à l'horizon. Surtout que sur cette photo, Mirjam boit un jus d'orange ! Quoiqu'il en soit, le soleil se couche sur les vignes et le mystère extraterrestre demeure...